Monday, November 07, 2005

lundi 7 novembre_Metro


Le nu selon Spencer Tunick

Le 11 septembre Spencer Tunick faisait poser nues 1 500 personnes à Lyon. Depuis vendredi, les tirages sont exposés à la Sucrière.

Des photos à découvrir absolument.(07/11/2005)



"Alors t'es où ?" Vendredi soir, en découvrant les photos retenues par Spencer Tunick, les "modèles" avaient tous un peu le même réflexe : se chercher dans la "végétation humaine" créée par le photographe. "J'ai pas l'impression d'être sur les images, c'est un ensemble pas un individu", remarque Gérard, qui avait déjà participé à une oeuvre de Tunick. Pour d'autres, en revanche, c'était une première, comme Emilie et Vincent. "On avait jamais fait un truc pareil. Quand on a pris le premier métro pour aller sur place on s'est vraiment demandé ce qu'on faisait là", explique Vincent. "Il y avait un côté 't'es pas cap'. Quand il a fallu se dévêtir, on a fait ça très vite sans réfléchir. On n'était pas sûr de le faire", ajoute Emilie.

"Une végétation humaine"
Six clichés, pris au port Edouard-Herriot, au Confluent et dans le I er , sont exposés à la Sucrière. Rapprochés ou éloignés, ils forment des paysages humains comme l'impressionnant panorama du Confluent de 1,80 m sur 2,26 m ! "J'aime la variété de ces images. J'ai bossé dur jusqu'à en pleurer, sur un travail comme ça la pression est énorme", confie Spencer Tunick.

Impatience
Une certaine impatience animait les participants venus vendredi soir, mais aussi un sentiment indéfinissable. "C'était stressant d'attendre, maintenant c'est une sensation hyperbizarre", explique Sophie, une jolie brune aux yeux bleus. "Poser n'était pas très agréable avec le froid. Nu, on ne se regarde pas de la même manière, faut reconnaître que sur le coup c'est parfois gênant. Mais c'était intéressant de participer à une telle oeuvre."

Une oeuvre sur laquelle tout le monde peut désormais porter un regard... "Ceux qui savent ce qu'on a fait sont étonnés, mais souvent admiratifs. Ce n'est pas un exploit, même si je suis fière d'être dedans", souligne Emilie. "Il s'est vraiment passé quelque chose, on est plus pareil après", admet de son côté Gilles, la cinquantaine. Les six photos exposées sont à vendre et il serait de bon ton qu'au moins une reste à Lyon. Prochaine étape pour Spencer Tunick, DŸsseldorf, en 2006

Jean-Baptiste Labeur

'Spencer Tunick à la Sucrière, quai Rambaud, jusqu'au 31 décembre, dans le cadre de la Biennale d'art contemporain.

copyright Metro édition du 7 novembre 2005

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